lundi 4 septembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°15]

La rentrée ! Quelle meilleure occasion de me remettre sérieusement à vous parler de mes lectures ?

Je dois bien admettre que le mois d'août n'a guère été productif pour moi, j'ai avancé à pas de fourmis dans mon roman en cours, alors que j'ai vraiment accroché ! La faute à une petite boule de poils arrivée dans ma vie et qui me demande beaucoup d'attention (mais ne vous faites pas, elle a déjà compris qu'on ne touche pas à la bibliothèque !^^).

J'espère donc pouvoir me remettre à la lecture de manière plus intensive dans les semaines à venir... La rentrée littéraire promet d'être belle et plusieurs ouvrages à paraître sont déjà sur ma wish list de septembre (qui a dit que "The crime" de M. Rutkoski est en pôle position ?), mais vous les verrez bientôt dans un prochain article du lundi !


Mes lectures actuelles :

Franchement, j'adore l'ambiance de ce roman... Sombre, inquiétante, putride,... Audrey Rose a du caractère et c'est plaisant à lire ! Bref, même si je pense avoir deviné qui est Jack l’Éventreur, je continue à dévorer chaque soir un nouveau chapitre avant d'accélérer dans la dernière ligne droite des révélations.


* * * 

 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 7 août 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°14]

Hors de question de couper au rendez-vous de la semaine, donc pour bien la débuter je vous présente mes lectures terminées et celles à venir !


Mes lectures actuelles :

Je le commence ce soir même, hâte de m'aventurer dans les rues de Whitechapel...

Que dire si ce n'est que... je stagne, je stagne et... je stagne... Me couper dans mon élan en lisant un autre roman en parallèle n'était visiblement pas une bonne idée. Je pense que je vais le mettre de côté pour mieux le recommencer à zéro d'ici quelques semaines.










La semaine passée, j'ai lu : 

Super frais pour une lecture d'été, "Sweet" m'a beaucoup plu. Les personnages sont sympathiques et les nombreux dialogues viennent donner une impression de série télévisée, voire de tv show. On obtient un roman dynamique et original ! Bouquin aussi addictif que le Solu donné aux passagers de cette croisière de rêve virant au cauchemar ! 

Après ça, impossible de regarder mes deux ou trois kilos en trop de la même manière !





* * *
 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



Challenge "1 jour = 1 plume", conclusion...

Une semaine derrière moi et voilà que je peux enfin l'annoncer :

Challenge réussi !
(Applaudissements ! Applaudissements !)


Un vrai marathon bloguesque dont je suis venue à bout et qui m'a permis de me mettre à jour (on va pas chipoter pour la seule chronique qu'il me reste à écrire... si ?). J'ai maintenant l'esprit tranquille pour commencer de nouvelles lectures que je ne manquerai pas de commenter au fur et à mesure, évitant de me laisser submerger (apprendre de ses erreurs qu'on dit !).

A partir de maintenant, je vais tenter d'être plus active : après tout si je suis parvenue à publier une plume par jour pendant une semaine, cela devrait être un jeu d'enfant de publier au moins un article par semaine ! Et qui sait, peut-être que lors de mes prochaines vacances, je renouvellerai ce challenge.


***
Cette semaine riche en plumes vous a-t-elle plu ? Quels articles avez-vous préférés ?
Racontez-moi tout cela dans les commentaires et je pourrais ainsi adapter mes prochaines publications pour votre plus grand plaisir !


Livresquement.


dimanche 6 août 2017

Flora Banks, de Emily Barr



Éditeur : Casterman
Date de parution : 1 mars 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 369
Prix : 16 euros

Quatrième de couverture :  
DIX - L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.
HUIT - Années de validité de mon passeport.
SIX - Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.
QUATRE - L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie. Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.
DEUX - Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake. Je le rejoindrai, où qu’il soit.
UN - Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

FLORA BANKS : LE LIVRE QUE VOUS N’OUBLIEREZ JAMAIS.
 


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Ma note : 7,5/10

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Mon   avis :

En apparence, Flora Banks ressemble à n'importe quelle adolescente de seize ans, pourtant elle est loin d'avoir la même existence que les filles de son âge... Flora souffre d'amnésie, elle oublie ainsi tous les évènements récents. Armée des notes qu'elle inscrit sur ses poignets pour se rappeler à chaque nouvel oubli et des dizaines de post-it qu'elle colle sur l'ensemble de ses affaires, elle essaye de faire bonne figure et de s'intégrer malgré toutes ces difficultés. Un jour, l'impensable se produit : elle se souvient. Un baiser reste ancré dans sa mémoire, un baiser échangé un jour où elle avait seize ans et non dix. Un baiser qui lui donne l'espoir de pouvoir enfin se construire malgré la maladie. 


Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman est l'illustration même de l'expression qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture ! Ce bleu dur qui recouvre intégralement la couverture n'est pas du plus bel effet, mais il a le bénéfice d'attirer le regard et d'intriguer. Une fois le synopsis lu impossible pour moi de ne pas craquer au point de lui faire sauter la case PAL et le lire immédiatement après achat.

Une seule question m'a néanmoins hantée : l'amnésie serait-elle devenue un thème littéraire à la mode ? Entre "Avant de dormir" de S.J. Watson, "Avant de t'oublier" de R. Coleman, "Forgotten" de C. Patrick ou encore "The memory book" de L. Avery, les lectures ne manquent pas depuis quelques années ! Néanmoins, "Flora Banks" a su se différencier par l'immersion qu'elle propose au lecteur. 

En effet, nous voyons le monde à travers les yeux de Flora. Une jeune fille de seize ans atteinte d'une amnésie antérograde ayant débuté à l'âge de dix ans. Ainsi, toutes les deux heures environ, elle oublie tout ce qui vient de se produire et ne subsistent que ses souvenirs datant de l'âge où a débuté son trouble mnésique. Imaginez donc une adolescente qui est condamnée à avoir toujours l'impression d'avoir dix ans et qui doit reconstituer son identité et son histoire toutes les deux heures. Si cela vous paraît cruel, alors attendez de partager sa situation toutes les quelques pages, lorsque Flora oublie ce que vous venez de lire. Vous vous retrouvez dans le même flou qu'elle, tentez de vous souvenir de tout ce que vous venez de lire et dont elle n'arrive pas à se souvenir. Vous avez même des impressions de "déjà lu". Vous vivez son angoisse de ne plus savoir exactement où vous en êtes, vers quoi vous mène cette histoire et ce que signifie vraiment tous ses mots écrits sur ses poignets et les post-it qui l'entourent. C'est troublant, dérangeant. Réel.

Flora n'a jamais pu vivre normalement à cause de sa maladie. Ses parents l'ont toujours protégée, surprotégée en réalité. Sa meilleure amie veillait sur elle en dehors de la maison familiale, bref une existence sous surveillance et sans place à l'imprévu, puisqu'il pourrait être dangereux. C'est déstabilisant, d'autant qu'on partage son désir de s'en sortir depuis qu'un nouveau souvenir semble s'être gravé dans sa mémoire défaillante. Elle a embrassé un garçon, Drake, le petit-copain de sa meilleure amie. Cette dernière lui en veut, mais ça elle l'oublie contrairement au baiser qu'elle continue de se remémorer au fil des oublis perpétuels.

Quand ses parents doivent partir pour Paris urgemment, Flora n'a qu'une idée en tête : rejoindre Drake, parti étudier dans un autre pays... J'avoue ne pas avoir adhéré à ce prétexte, c'était trop facile. Sans compter que le rythme du roman étant très saccadé à cause de l'amnésie de Flora, le récit évolue beaucoup trop lentement à mon goût. Je n'ai donc pas ressenti l'immersion totale que j'attendais, ni apprécié à 100% cette lecture, notamment parce que j'avais deviné le rebondissement très rapidement (connaître certains termes médicaux aidant) et que je vois des patients ayant des pathologies mnésiques toute la journée. Or, pour moi, lire c'est s'évader : quitter mon quotidien et oublier toutes les souffrances qu'on a pu me confier à mon boulot (comme quoi on peut rechercher cette sensation de vide que vit Flora). Mon avis est donc biaisé, j'en ai conscience. Certains soirs (je suis une lectrice sur l'oreiller), les énièmes répétitions de Flora me rendaient même dingue vu que c'est ce que je vis à mon cabinet... Bref, ne vous attendez pas à me revoir avec un tel bouquin avant un certain moment : cette lecture m'a trop éprouvée.

Malgré tout, je dois admettre que ce roman me laissera un bon souvenir car les quêtes qu'il met en avant sonnent juste. On assiste à la difficulté commune à beaucoup de personnes présentant un handicap d'avoir une vie sociale et de s'intégrer dans la société qui glorifie la performance : quand vous êtes malade, vous n'avez d'autre choix que de vous priver d'une multitude de choses, les autres sont loin de vous comprendre, ne sont pas tendres et souvent vous ne pouvez compter sur personne ou presque. On y explore aussi la construction identitaire d'une adolescente qu'une maladie empêche d'aller de l'avant, autant que ses proches qui ne l'en croient pas capable. Nous-mêmes, en vivant cette aventure à travers elle, l'en croyons-nous capable ? Vous l'avez compris, beaucoup de questions surgiront au cours de votre lecture. Elles ne trouveront pas toutes une réponse, mais peut-être vous amèneront-elles à faire évoluer votre regard...


"Flora Banks" est un roman qui ne peut laisser indifférent. Grâce à la plume simple et efficace d'Emily Barr, nous sommes immergés dans le quotidien de cette jeune fille qui tente tant bien que mal de s'en sortir avec sa mémoire défaillante et, malgré toutes les difficultés qu'elle affronte, elle tente de se construire, de se réaliser en tant que mosaïque incomplète... Le puzzle se met en place et, même si je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire, je ne peux nier que les derniers chapitres sont extrêmement touchants.




Points positifs :
  • L'utilisation du point de vue de Flora qui nous propose d'expérimenter l'atteinte par un trouble mnésique de manière criante de vérité.
  • Une héroïne complexe et touchante.

Points négatifs :
  • Un déroulement lent et des répétitions multiples qui peuvent agacer.
  • Un prétexte trop convenu pour permettre l'aventure de Flora.




Ouvrage lu dans le cadre du Challenge "Je suis Peter Pan" de Mort Sûre




samedi 5 août 2017

The Curse, de Marie Rutkoski



Éditeur : PKJ.
Date de parution : 16 février 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 456
Prix : 15 euros

Quatrième de couverture :  
Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la " malédiction du vainqueur " : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.
 


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Ma note : 9,5/10
Coup de cœur
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Mon   avis :

Dans un monde où la guerre a vu la défaite des Herranis au profit des Valoriens, Kestrel est une jeune femme convoitée. Fille du plus puissant général de la région, elle doit faire face aux prétendants autant qu'à ses propres désirs et aspirations qui ne se confondent pas toujours aux attentes immenses que son père place en elle. Stratège, elle sait rester prudente et jauger ses adversaires. Pourtant, son âme de joueuse est plus forte que tout et pourrait bien la perdre : alors qu'elle gagne les enchères d'un esclave qu'elle n'avait pas prévu d'acquérir avant qu'on ne le dise chanteur, elle ne peut que se demander ce que son arrivée dans sa vie risque de bouleverser, au-delà de ses propres convictions...


Ce livre, j'en avais entendu parler bien avant sa sortie en France. Les booktubeuses anglaises l'avaient tant encensé que j'étais impatiente de pouvoir me faire mon propre avis. Ce n'était d'ailleurs pas forcément une bonne nouvelle pour ce roman puisque j'ai tendance à être alors horriblement exigeante et à avoir des attentes disproportionnées. Pourtant, je suis tombée sous le charme de cette malédiction !

En effet, "The Curse" s'est révélé être un immense et passionnel coup de cœur. Loin des habituels clichés des ouvrages young adult, son auteur a su construire le début d'une saga fantasy prometteuse et aux multiples facettes.

On est entraîné dans un univers qui rappelle les récits de l'Antiquité. Un peuple de conquérants, les Valoriens, a vaincu les Herranis, peuple de savoir, et pris leurs terres avant de les réduire en esclavage. Cette opposition entre guerriers et intellectuels peut être aisément mise en parallèle avec la conquête de l'Empire grec par Rome, même si les romains ne sont pas allés si loin. Moi qui suis une grande adepte de l'Histoire, j'ai apprécié cette utilisation des codes anciens pour construire un monde cohérent et intriguant.

Puis on fait la connaissance de Kestrel, fille d'un grand général, héros de la guerre du Herran. Élevée en digne héritière, elle a été façonnée pour être une parfaite Valorienne : fière, hautaine, intraitable, manipulatrice,... Elle peut paraître très agaçante pour le lecteur, voire même le décourager dans un premier temps tant elle respire l'assurance et la suffisance. Néanmoins, on apprend peu à peu à la connaître, elle et ses véritables aspirations : elle suit les règles autant parce que c'est son éducation qui a fait d'elle ce qu'elle est, que pour répondre aux attentes paternelles. Finalement, elle m'a fait de la peine en un sens car, même si elle peut paraître cruelle et indifférente, on comprend qu'elle lutte entre le rôle qu'elle doit adopter en raison de son statut et son identité... Elle se cherche, bien qu'une échéance l'attende : comme toutes les jeunes valoriennes, elle devra bientôt choisir entre s'engager dans l'armée ou se marier. C'est sa force de caractère et son côté stratège que j'ai finalement adorés. 

Alors oui, certains diront peut-être qu'elle est trop dans la contradiction, qu'elle achète un esclave alors même qu'elle semble être contre cette pratique,... Cependant, j'y vois davantage l'authenticité du personnage dont on découvre au fil des pages toutes les nuances. Kestrel n'est pas qu'une enfant pourrie gâtée par un père puissant, c'est une jeune fille qui essaye de se construire dans l'ombre de celui-ci et cette évolution est réellement perceptible tout au long du roman.

Cette progression est d'ailleurs un autre élément qui peut choquer. En effet, si je me suis laissée embarquer rapidement dans cette histoire, le rythme reste extrêmement lent. Si vous aimez les romans remplis d'action, passez votre chemin. L'intrigue ne se débloque que dans le dernier tiers et tout ce qui précède n'est qu'un prélude où les jeux de pouvoir et les manigances se succèdent : dans la lumière, mais aussi dans l'ombre...

L'ombre, c'est Arin. Cet esclave herrani que Kestrel acquiert sur un coup de tête en remportant les enchères au marché. Il est sans nul doute le personnage que j'ai préféré (même si Kestrel était en bonne position pour remporter le titre, le jeune homme avait plus d'atouts pour séduire : je suis faible^^). On comprend vite que son passé est loin d'avoir été facile, et encore cela est un euphémisme... Il a réussi à le surmonter d'une certaine façon et se montre touchant sans tomber dans le pathos. Tenace et plein de secrets, déterminé au moins autant que Kestrel... Finalement, perdus dans leurs faux-semblants, ils étaient destinés à jouer tous deux au chat et à la souris (ou plutôt à une partie bien réelle de Crocs et Venins, leur jeu favori) : ce qui va bouleverser bien plus que leurs propres existences.

Bien sûr, la romance était inévitable entre ces deux personnages ! Il est bien rare que j'approuve l'avènement d'une romance dans une intrigue qui s'amusent à tirer sur d'autres ficelles que je trouve bien plus passionnantes (ici, les enjeux politiques entre vainqueurs et vaincus) : déjà parce que je ne suis pas une grande fan de ce genre d'idylle née souvent de nulle part, mais aussi parce que les mièvreries qui gravitent autour de ces histoires pour midinettes me gonflent rapidement pour le dire clairement. Toutefois, dans "The Curse", on ne peut pas parler de romance tant elle se dessine avec tact. C'est une étrange complicité qui se crée, un lien fragile,... C'est ce dont ils ont le plus peur qui s'écrit entre eux, une faiblesse des sentiments qui sont décrits avec une finesse qui a serré mon cœur à chacun des évènements qui les bouleversaient. Rien n'est écrit à l'avance, rien n'est acquis et est-ce seulement possible ?

Bref, j'ai été émue et souffre d'un coup de foudre dû également à la sublime et ô combien poétique plume de Marie Rutkoski ! Il est extrêmement rare que je trouve un style d'écriture qui me plaise autant et dont je puisse vanter à ce point l'originalité. Je suis quasiment certaine que je saurais la reconnaître entre d'autres tant elle revêt une mélodie particulière, ce qui s'accorde bien avec la passion dangereuse de Kestrel pour la musique... Comment ne pas succomber ?


En conclusion, ce roman est mon premier coup de cœur de l'année 2017 ! On sent l'investissement de l'auteur qui a développé des personnalités fortes et uniques et qui réussit la difficile performance de maintenir un bel équilibre : jamais un aspect de son récit n'en exclut un autre et si le rythme est tout d'abord lent, les émotions s'enchaînent ensuite au fil des révélations. On s'attache aisément aux personnages, touchants et passionnés. Si Kestrel souffre de la malédiction du vainqueur, je souffre de celle du lecteur pour avoir dévoré d'un bout à l'autre son histoire, sans faillir et profitant du moindre de mes moments libres pour connaître la suite... J'ai encore sur les lèvres le goût amer de la fin qui ne me donne qu'une envie : être au 14 septembre pour accourir en librairie et me plonger dans "The Crime", le deuxième tome de cette saga prometteuse.


Points positifs :
  • Un récit complexe bénéficiant d'un développement soigné qui ne néglige aucun aspect de la problématique à laquelle sont confrontés les personnages.
  • Un éventail de personnages aussi varié qu'étonnement réfléchis !
  • Un monde innovant, inspiré du mode de vie et des traditions de l'Empire romain.
  • Des émotions jouées toute en finesse : elles ne manqueront pas de vous donner des frissons.
  • Si vous aimez les plumes originales, poétiques et douces, ce roman est fait pour vous !

Points négatifs :
  • Aucun ? Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à trouver un point négatif à ce roman. Peut-être la lenteur du déroulement de l'intrigue pourrait-elle décevoir les lecteurs en quête d'un récit d'action...mais ce serait bien le seul cas de figure


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Et je terminerai sur cette citation :  
« Elle regarda le ciel blanc se muer en neige et frémir au-dessus d'une mer de plomb. De petites étincelles glacées lui effleuraient la peau. Il neigeait au-dessus d'elle, au-dessus de lui, mais Kestrel savait qu'aucun flocon ne pourrait jamais les toucher tous les deux à la fois.» - The Curse



Ouvrage lu dans le cadre des Challenges de Mort Sûre



vendredi 4 août 2017

Une virée qui sent bon le parfum du papier...

Ce soir, je vous propose une plume qui sort de l'ordinaire pour vous parler du  
Village du Livre.


Si vous ne connaissez pas ce petit paradis pour les amoureux de lecture (et des beaux livres), sachez qu'il se trouve dans un charmant village de Lorraine, à Fontenoy-la-Joûte pour être exacte.



Dans ce village perdu en pleine campagne, les vieilles granges s'alignent et renferment des trésors. Ainsi, on y trouve aussi bien des titres récents que de véritables ouvrages de collection ! Bref, la béatitude suprême quand on est autant sous le charme des récits que des belles éditions... Et je dois admettre que je collecte ces deux vices !

J'y ai passé tout mon samedi dernier, papillonnant d'un bouquiniste à l'autre et voyant ma résistance à la tentation fondre comme neige au soleil... Surtout qu'il y en a pour tous les goûts : des ouvrages traitant de l'Histoire, d'autres plus techniques, mais aussi de la littérature classique et même des romans publiés il y a peu. Vous y trouverez également des bouquinistes proposant d'anciennes gravures ou des estampes. Impossible de ne pas y trouver son compte !

Niveau exigence, je suis un peu "maniaque" au niveau de mes romans : les cornes sont inconcevables et je ne vous dis même pas à quel point une rayure dans la couverture peut m'énerver, alors achetez des livres d'occasion est toujours une mission complexe (j'entendrais presque la musique de "Mission impossible" en fond sonore). C'est pour cette raison que je n'achète généralement que des livres neufs. Pourtant, à Fontenoy-la-Joûte, toutes les qualités sont présentes dans les rayonnages débordants ! On peut donc aisément faire le tri et réussir à trouver son bonheur malgré tout. Petites adresses spéciales "Maniaques" : les boutiques "L'étable" et son gérant aux jeux de mots fantasque, et surtout "Les Caractères" et son immense stock d'excellente qualité, sont celles où il faut absolument vous rendre !

C'était ma seconde virée là-bas et mon cœur d'artichaut livresque n'a pas su résister aux nombreuses découvertes que j'ai pu faire aux coins des rayonnages empierrés. Si je suis maintenant parée pour mes vacances, ma PAL ne me remercie pas de mes énormes craquages (et je vous parle même pas de mon compte en banque !). Quoique je dois admettre que les prix sont extrêmement raisonnables si on ne choisit que des romans relativement récents, mais dès qu'on tombe dans les beaux ouvrages ou les éditions particulières la facture peut vite grimper... (je vous assure que mon craquage d'achat de cette réédition des contes datant de 1888 était justifiée).



(c) Aeli

Vous ne voyez sur cette photographie qu'une partie de mon énorme manque de volonté... Me voici donc parée pour les vacances avec :
  • "Autopsie", de K. Maniscalco
  • "Demain les chats", de B. Werber
  • "Fantômes", de J. Hill
  • "Puzzle", de F. Thilliez
  • "Invisibilité", de A. Cremer & D. Levithan
  • "Atlantis", de D. Gibbins
  • "L'énigme du parc", de M. Grimes
  • "Une petite fille trop gâtée", de A. Rule
  • "Contes et légendes du chat", de R. de Laroche

Toutefois, je ne vous montre pas la perle que j'ai dénichée... Une sublime édition des contes d'Andersen, Perrault et autres hommes et femmes de lettres. Je tiens à les cacher jusqu'à ce que je puisse vous faire un article (décidément je ne suis pas encore habituée à dire "plume", flûte et zut !) sur les contes, leurs adaptations mais aussi leurs versions d'origine malheureusement tombées dans les oubliettes et bien loin des histoires romancées et douces qu'on lit aujourd'hui aux enfants pour les endormir.

Ce fut donc une virée fructueuse et qui m'a permis de commencer mes vacances en beauté !

Vous l'aurez compris, ce village mérite qu'on s'y attarde.
Si après avoir lu cet article, il vous vient une envie irrésistible d'aller vous promener entre les allées poussiéreuses de décennies littéraires, dans de vieilles granges aux pierres couvertes d'ouvrages qui feront vaciller votre âme d'accro aux bouquins, alors faites un tour que le site web du Village du Livre ! Vous pourrez y trouver l'agenda des manifestations qui y sont organisées : vu l'animation en temps normal et si vous cherchez des titres en particulier (surtout en ce qui concerne le bandes dessinées et les comics), je ne peux que vous conseiller de mettre toutes les chances de votre côté en vous y rendant lors de l'une d'elles.

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Et vous, où achetez-vous vos livres ? Fan des vieux papiers ou éternel maniaque des bouquins sans défaut ? Racontez-moi tout !



jeudi 3 août 2017

A la vie, à la mort, de Stephenie Meyer



Éditeur : Livre de poche Jeunesse
Date de parution : 10 mai 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 509
Prix : 9,90 euros

Quatrième de couverture :  
Lorsque Beaufort Swan emménage dans l'insignifiante bourgade de Forks et rencontre la mystérieuse Edythe Cullen, sa vie prend un tournant aussi excitant que terrifiant. Avec sa peau de marbre, ses yeux dorés, sa voix envoûtante et ses dons surnaturels. Edythe est à la fois irrésistible et énigmatique. Ce que Beau ne sait pas encore c'est que plus il se rapproche d'elle, plus lui et son entourage sont en danger. Et il se peut qu'il soit trop tard pour faire demi-tour.
 


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Ma note : 4/10

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Mon   avis :

Le jour où Beau décide de rejoindre son père à Forks pour permettre à sa mère de vivre pleinement sa nouvelle union, il ne peut s'attrister de la météo éternellement pluvieuse et de cette stase ambiante qui y rendent l'existence terne et sans surprise. Du moins, c'est ce qu'il pensait jusqu'à apercevoir Edythe Cullen, une mystérieuse élève de son lycée chez laquelle il déclenche des réactions étranges. Son allure dénote également avec sa démarche féline, son regard d'ambre et ses traits parfaits... Alors que se tisse entre eux une relation que Beau ne saurait définir, des faits inexplicables se produisent... Et si cette attirance le projetait vers un danger mortel ?


"Twilight réinventé"... Telle est la promesse qu'on nous sert nous forme d'accroche sur la première de couverture. Mensonge éhonté !

Initialement paru en tant que récit inédit offert lors dans la réédition spéciale de "Fascination" pour l'anniversaire de ses dix ans, "A la vie, à la mort" a été publié par la suite en roman poche. J'avais un bon souvenir de la saga "Twilight" (vive l'adolescence) qui, même si elle était vraiment trop niaise à mon goût, avait contribué à l'émergence de la bit-lit. Stephenie Meyer a depuis publié plusieurs autres romans, toujours dans ce style si épuré qui fait son succès et j'étais donc curieuse de découvrir cette romance paranormale.

Peut-être est-ce de ma faute, peut-être avais-je des attentes trop élevées quant à ce récit que je savais pourtant n'être qu'une réécriture de "Fascination"... Cependant, entre une réécriture de qualité qui apporte quelque chose à l’œuvre de l'auteur et ce mauvais exercice de réécriture qui aurait très bien pu être un devoir proposé par un enseignant à sa classe de CM2 : il y a un monde. C'est là où le bât blesse car, si vous avez comme moi une mémoire d'éléphant (voire même d'un troupeau de ces pachydermes comme me l'a une fois dit une amie), vous vous demanderez dès la première page ce qui cloche. Une impression de déjà vu ? Rien d'étonnant, vous venez de lire MOT POUR MOT la même première page que le premier tome de "Twilight" ! Oui, vous m'avez bien lue : mot pour mot ! A cela près que l'auteur procède à une inversion des genres. Malheureusement, mis à part quelques ajouts syntaxiques mineurs, la presque totalité du roman suit cette règle. Peut-on dès lors parler d'un "Twilight réinventé" ? Moi, j'appelle cela : beaucoup de bruit pour pas grand chose...

D'ailleurs, cette métamorphose du féminin en masculin et vice versa n'est pas la meilleure idée du monde. En effet, même si on peut dès lors penser que ce roman s'adresse uniquement aux fans de la saga vampirique ou aux lecteurs nostalgiques, cette transformation a de quoi les perturber ! Elle a créé un joli bug dans mon esprit habituellement très flexible... Cela m'a notamment perdue à cause du changement des prénoms des personnages dont n'est conservé que la première lettre. Edward devient Edythe, Bella devient Beau, Alice devient Archie, et ainsi de suite pour l'ensemble des personnages, exception faite des parents de Bella/Beau qui visiblement ne sont pas atteints par cette malédiction. Outre que cela n'apporte rien puisque les caractères et autres habilités restent inchangés, je me suis retrouvée à avoir une représentation mentale vraiment bizarre des personnages, à cheval entre leur ancienne identité et leur nouvelle ! Sans compter qu'inconsciemment j'étais constamment en train de faire le parallèle entre les versions féminines et masculines... Je vous l'avais dit : une vraie malédiction !

Aucune originalité donc puisque la trame est un copier-coller. Il faudra attendre la page 461 pour que se produise ce qu'on espérait désespérément : que l'évolution diffère de l'original ! Si on y réfléchit bien, ceci n'est d'ailleurs pas étonnant car la suite de la romance n'aurait eu aucun sens si l'humain de la relation avait été un homme. Sans compter qu'il n'existait pas un champ infini de possibles pour terminer ce one-shot tout en faisant écho à l'épilogue connu. Loin d'être un choix à proprement parlé, il était donc obligatoire de faire surgir une nouvelle conclusion. Celle-ci est sans surprise, sans saveur et, à mon sens, ne justifie pas qu'on se farcisse 90% de phrases plagiées pour 10% de nouveauté. Je sais bien que l'auteur s'en dédouane en se justifiant de ce manque d'innovation dans la préface de la réédition des dix ans, mais si elle-même était déçue de n'avoir pu faire autre chose dans le court délai imposé par son éditeur peut-être n'aurait-elle pas dû nous servir ce plat à peine réchauffé... Très déçue que les lobbies commerciaux prennent le pas sur l'art de la création littéraire.


Au final, une seule phrase résume ce roman : sans intérêt si vous avez déjà lu l'original et que vous ne souhaitez pas participer à cette farce commerciale ! Bien sûr, si vous êtes un fan inconditionnel vous pourriez être tenté, mais la réalité est ainsi faite... "A la vie, à la mort" ne vaut pas son temps de lecture malgré son épilogue inédit.


Points positifs :
  • Un dénouement différent du roman originel.

Points négatifs :
  • Une réécriture basique de "Fascination", qui tient plus de l'exercice pour écoliers que d'un véritable travail d'écriture !




Ouvrage lu dans le cadre du Challenge "Bestiaire de l'obscurité" de Mort Sûre