lundi 6 novembre 2017

Sweet, de Emmy Laybourne



Éditeur : Hachette
Date de parution : 14 septembre 2016
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 360
Prix : 15,90 euros


Quatrième de couverture :  
Madame, Monsieur,
J’ai l’honneur de vous inviter à une extraordinaire croisière de luxe à bord de l’Extravagance !
Au programme : découverte en avant-première d’un produit miracle qui vous débarrassera de vos bourrelets disgracieux. Et sans efforts !
Vous rêvez de retrouver votre taille de guêpe ? Le Solu est fait pour vous.
Le Solu n’est pas un amincissant comme les autres.
Le Solu vous fera vraiment maigrir.
Vous ne pourrez plus vous passer de lui.
Je vous le garantis.
N’attendez plus : rejoignez-nous sur les rives de Fort Lauderdale, en Floride, pour un embarquement imminent !
Au plaisir de vous aider à mincir,
Timothy Almstead, président de Solu Corporation
 


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Ma note : 7,5/10

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Mon   avis :

Vous aussi vous avez déjà fait ce rêve dans lequel la solution à vos bourrelets en trop se résumait à un simple édulcorant qui vous ferait maigrir à vue d’œil ? Alors embarquez pour une croisière inoubliable où vous serez les premiers heureux à goûter au Solu ! Le Solu, la solution à vos problèmes de poids : efficacité garantie !
C'est pour cette promesse que Viv' a réussi à convaincre sa meilleure amie, Lauren, de l'accompagner à cette première mondiale à la découverte du produit qui promet de révolutionner l'univers des régimes. A l'aise avec ses rondeurs, Lauren se retrouve sur un paquebot luxueux, entourée de richissimes clients et stars ayant hâte de tester ce produit-miracle, alors qu'elle n'a pas réellement l'intention de craquer pour cet édulcorant qui semble trop beau pour être vrai. Et si le Solu n'était pas aussi inoffensif qu'il le promet ?


Lu à la fin de l'été, "Sweet" est un roman qui m'a surprise ! La couverture est sublime, la quatrième nous appâte et nous promet de savourer un voyage dépaysant à bord de l'Extravagance. Cette croisière de luxe, nous la ferons en compagnie de Lauren et Tom. La première est une passagère pas si classique puisqu'elle n'est absolument pas intéressée par le but du séjour qui n'est autre que faire fondre ses rondeurs en un temps record ! Quant au second, Tom, il n'est autre que le présentateur, ex-enfant star, chargé de la communication autour du produit-miracle pour lequel tous se pressent à bord. Ce produit révolutionnaire, c'est le Solu. Il ferait fondre quiconque en consommerait : exclusivité mondiale à bord du bateau, il ne sera lancé dans les boutiques du monde entier qu'à la fin de la croisière qui fait office de publicité alléchante et d'avant-première hors de prix pour les richissimes voyageurs qui n'acceptent pas leurs kilos en trop.

La problématique principale de ce roman se construit donc autour de la question de l'acceptation de soi. La dualité entre Lauren et son amie Vivika est bien construite, les raisons du mal-être de cette dernière sont décrites de manière juste et universelle. Comme dans la réalité, le regard des autres est au centre de cette obsession pour sa silhouette mais pas seulement. L'auteur va plus loin puisqu'elle nous pousse à voir les personnages sous différents angles grâce à la narration à deux voix et à la place prépondérante accordée aux dialogues. Entre les regards critiques et les paroles acerbes des starlettes qui n'ont que des os à perdre et la souffrance des voyageurs en réel surpoids, le décalage est flagrant.

Étonnée au début par le style d'écriture et l'alternance entre le point de vue de Tom et Lauren, je me suis rapidement laissée embarquer dans l'histoire. Il faut dire que tout est fait pour nous prendre au jeu. Le style très vivant de l'auteur m'a immédiatement donné l'impression d'assister à une espèce de télé-réalité en format littéraire, un peu étrange me direz-vous et pourtant le dynamisme que cela insuffle aux personnages et à l'intrigue est extrêmement prenant !

L'évolution du récit où, vous vous en doutez, tout dérape puisque le Solu est loin d'être un inoffensif brûleur de graisse, permet au passage de dépoussiérer le genre de la science-fiction en donnant à "Sweet" un goût de roman post-apocalyptique très original. D'abord on se demande jusqu'où va le mal-être des passagers, puis jusqu'où ils seront prêts à aller pour avoir leur dose de Solu : l'addiction et ses effets font froid dans le dos. Même si tous ces sujets ne sont pas évoqués avec sérieux, j'ai trouvé les situations assez percutantes pour déclencher la réflexion.

Bref, j'ai dévoré ce roman ! Pour autant, j'en garde un sentiment mitigé. Cet ouvrage aurait pu récolter tous mes applaudissements si seulement il n'avait pas plongé tête la première dans les clichés des romans pour adolescents... Pourquoi, oh mais pourquoi fallait-il que nos deux protagonistes principaux nous la jouent romance au premier regard ? C'est niais, c'est cliché, c'est désespérant. Crédibilité de la groupie bavant devant son idole qui fond pour elle ? Zéro pointé. Leurs péripéties en mode "jamais sans toi" tandis qu'un chaos sans nom règne sur le paquebot ? Navrantes. (Vous l'aurez compris, si je me retrouve dans un monde dévasté, je laisse mon mec dans la mouise si c'est pour sauver ma peau ! Mais je sauve mon chat et mon chien, faut pas déconner !^^). De plus, le récit bien qu'entraînant n'est pas forcément toujours bien ficelé : on fait des allers-retours, on court à droite à gauche alors que le huis-clos aurait pu être beaucoup plus angoissant. Je vous passe les scènes où on a juste envie de secouer notre couple en carton comme un pommier tant ses réactions sont carrément improbables ! Bref, notre croisière se coule toute seule...

Dernière petite mention spéciale pour la fin que j'ai adorée ! Il fallait l'oser !


En somme, cet ouvrage est un formidable tremplin à l'idée que les solutions miracle n'existent pas et surtout que, pour être heureux, il faut savoir s'accepter tel que l'on est ! Le traitement de cet adage est d'une originalité folle et d'un frais décapant qui plaira à coup sûr aux adolescents trop souvent influencés par la mode et ses modèles irréalistes, voire dangereux. Les moins jeunes se laisseront séduire par le dynamisme de l'intrigue, son dépoussiérage de la science-fiction et la spontanéité des personnages. Si on ne cherche pas un roman tout en profondeur mais plutôt une lecture délicieuse et sans prise de tête, "Sweet" est fait pour vous !



Points positifs :
  • L'effet "télé-réalité" croustillant.
  • Un thème classique des romans de science-fiction revisité de manière très moderne. 
  • Une bonne histoire pour les adolescents sur l'acceptation de soi.

Points négatifs :
  • Des personnages stéréotypés, aux réactions ridicules et peu réalistes étant donné la situation. 
  • La crédibilité de l'ensemble.  
  • L'idée de base qui aura mérité d'être plus exploitée.




Ouvrage lu dans le cadre du Challenge de Mort Sûre





mercredi 1 novembre 2017

Bienvenue à Night Vale, de Joseph Fink et Jeffrey Cranor



Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 15 mars 2017
Public visé : Adultes
Nombre de pages : 512
Prix : 8,30 euros


Quatrième de couverture :  
Night Vale : une sympathique communauté au cœur du désert, où de mystérieuses lumières nous survolent pendant que nous faisons tous semblant de dormir. Un endroit à part, peuplé de spectres, d’anges et d’extraterrestres, où prennent vie théories conspirationnistes et légendes urbaines… une ville où il ne fait pas bon croiser les créatures encapuchonnées qui ont investi le nouveau parc à chiens interdit au public, où la police secrète a pignon sur rue, où l’acquisition d’un poisson rouge vous fera vous poser des questions sur son régime de souris, où certains jours de la semaine sont annulés à cause de contraintes de calendrier : bienvenue à Night Vale. 


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Ma note : 7/10

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Mon avis :

Il est des villes étranges, Night Vale est l'une d'elles. Perdue au fin fond des États-Unis, jouxtant un immense désert, on peut y faire les rencontres les plus improbables : les métamorphes y côtoient des employés de bureau qui disparaitront le lendemain dans l'indifférence générale, une inquiétante police rôde dans des voitures sombres et des anges habitent à la sortie de la ville...même si les anges n'existent pas, cela va s'en dire ! Dans cet univers décousu, comment un papier qu'on ne peut pas lâcher pourrait-il perturber encore davantage l'existence pas si paisible que ça de quelques habitants de Night Vale ?



Même si je brûle de commencer cette chronique, je tiens tout d'abord à remercier l'édition "Le Livre de Poche" ainsi que le forum Mort Sûre grâce auxquels j'ai eu la chance de recevoir ce roman en service presse.

"Bienvenue à Night Vale" et moi, c'est une histoire qui date. Peut-être connaissez-vous également le podcast à succès du même nom ? J'adorais écouter les épisodes quand j'étais encore à la fac, c'était tellement loufoque et décalé que ça m'aidait à me vider l'esprit après les heures de cours ou de révisions. C'est donc avec plaisir et, je dois bien l'admettre, un soupçon d'appréhension quant au passage à la version écrite, que je me suis replongée dans l'ambiance complètement barrée de cette ville fictive.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman ne peut pas vous laisser indifférent ! C'est quitte ou double. Votre séjour dans cette ville devrait bien se passer si vous acceptez que la folie puisse être sensée et que, même si rien n'a de sens, c'est cette absence qui donne du sens au-delà du récit... Vous suivez toujours ? Je n'ai pas le talent des créateurs et auteurs de Night Vale, mais si vous trouvez ma réplique complètement incompréhensible tout en en redemandant, vous devriez tomber sous le charme de cette bourgade. Au contraire, si les bouquins qui vous tordent les neurones, vous mettent le cerveau en bouillie et soulèvent une myriade de questions sur lesquelles vous allez vous caser les dents pendant des semaines ne vous plaisent pas, alors fuyez ! Ou bien, soyez courageux et tentez l'aventure : si vous  surmontez les cinquante premières pages, c'est que vous aurez été envoûtés par le charme du lieu (ou que vous devenez aussi singulier et délirant que tous les personnages).

En cela, les amateurs du podcast ne seront pas dépaysés. En effet, on retrouve le style si particulier où on oscille constamment entre une narration curieuse et des métaphores paradoxales. Pourtant, loin d'être un simple exercice de style, la critique de notre société à travers des situations ubuesques est nette. Elle se dessine à travers des petites phrases en apparence inoffensives mais qui prennent un sens tout autre si on prend le temps d'en réaliser la double lecture. Tout y passe : la politique, les croyances, la sécurité, mais aussi des choses qui nous paraissent être des banalités quotidiennes, des figures habituelles qui sont pourtant loin d'être exemptes de toute critique. L'humour cynique est parfois présent avec subtilité pour mieux dénoncer, c'est bien vu et frappe souvent vrai. C'est l'aspect du roman que j'ai préféré : il joue et se joue de la double-lecture pour nous livrer une critique acide plaisante. Par contre, ce même élément a été pour moi la source d'une infinie déception : ça juge, ça dénonce, mais nous n'avons droit à aucun approfondissement. La messe est dite, point final. Aucune réflexion qui se porterait plus loin, c'est au lecteur de la mener seul et je trouve cela horriblement dommageable : là où cette absence de profondeur ne gâche pas le plaisir du podcast, l'écrit ne pardonne pas. J'ai eu l'impression qu'on m'appâtait avec des sujets intéressants pour me laisser me débrouiller seule avec tout ce bazar !

Côté récit à proprement parlé, on suit une jeune fille qui a dix-neuf ans depuis plusieurs décennies et qui ne parvient pas à se débarrasser d'un papier portant une inscription bizarre, ainsi qu'une mère et son fils métamorphe en quête d'un père. Néanmoins, ce récit fait pâle figure comparé au travail soigné de l'écriture, tranchante toute en finesse. Le rythme est d'une lenteur exaspérante. Au final, l'histoire n'est qu'un prétexte à toute la construction stylistique. L'ensemble est peu équilibré, trop déluré pour ne pas devenir lassant et la fin est presque trop quelconque pour conclure un tel cheminement. J'avoue avoir oscillé entre soulagement et pincement au cœur en tournant la dernière page, même si cette lecture inclassable restera inoubliable.


En conclusion, on a une base... Une base bien sympathique, quoique totalement déjantée, avec une histoire croustillante qui n'hésite pas à mettre en exergue ce qui ne va pas dans notre société. Toutefois, on reste constamment sur notre faim : on accepte les situations folles, les personnages hors norme et les tournures de phrases étranges pour une seule raison, on en veut plus ! On veut être poussé à la réflexion et pas simplement assister à une succession de critiques sociétales qui finissent par faire catalogue sans qu'aucun approfondissement ne vienne soutenir cet exercice difficile. Bref, déçue de ma lecture... Ma nostalgie de cette fausse émission de radio géniale n'aura pas été suffisante pour que je pardonne les défauts : ce qui est invisible à l'oral ne pardonne pas forcément à l'écrit.

Si ma plume vous a donné envie d'aller écouter cette station radio un peu spéciale de la ville de Night Vale, voici le lien vers le site francophone qui a traduit quelques podcasts en français et les liens vers le site officiel ainsi que vers la chaîne Youtube officielle (en anglais) où vous pourrez retrouver l'ensemble des épisodes de ce podcast phénomène (les émissions paraissent à raison d'une tous les quinze jours).



Points positifs :
  • Un roman qui fait figure d'essai littéraire totalement décalé et loufoque et qui tient de l'exercice de style absurde.
  • Un humour pince-sans-rire plaisant et des métaphores savoureuses. 
  • Des personnages que vous ne verrez jamais ailleurs.
  • Une critique acerbe de notre société grâce à une plume grinçante efficace.

Points négatifs :
  • Un récit bancal, au rythme d'une lenteur déconcertante.
  • Le style parfois difficile à suivre et qui découragera plus d'un lecteur. 
  • Pour ceux qui avaient aimé le podcast du même nom, une once de déception peut être au rendez-vous : l'écrit se prête moins à ce style que l'oral où les intonations donnent une autre ampleur aux mots et en renforcent le sens.




lundi 30 octobre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°20]

Une semaine qui se termine et surtout une nouvelle qui commence avec plein de lectures en perspective !

Dès demain, vous aurez le droit à une plume hors-série, un article sur les romans qui pourront vous faire frissonner sous la couette pendant que des petits monstres viendront faire carillonner votre manoir hanté en espérant vous dérober vos bonbons !

Mais avant, voici un récap' de mes lectures de la semaine passée ! 


Mes lectures actuelles :

Reçu cette semaine, je me suis laissée embarquer dans ce récit de bit-lit alors que je ne m'y attendais pas. Si le début était de très bonne qualité et prometteur, la suite se détériore à présent et je ne crains qu'il ne sombre doucement vers un roman jeunesse réutilisant les ficelles usées jusqu'à la corde des romances fantastiques.








Roman mis en pause cette semaine pour me permettre une lecture plus rapide du précédent ! Mais qu'à cela ne tienne, je le poursuis dès que j'ai terminé l'histoire d'Elsie.










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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 23 octobre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°19]

Nous approchons d'Halloween... Citrouilles et autres vampires aux dents de papier prenez garde ! Maintenant que je viens de tourner la dernière page de "Bienvenue à Night Vale" , j'ai besoin d'un roman "normal" pour me remettre de mes émotions contraires avant de me plonger dans une bonne histoire d'horreur (ou plusieurs si un recueil de nouvelles m'appelle de sa douce voix fantomatique... Je divague...).

Voici donc mes lectures !


Ma lecture actuelle :


Comment ne pas craquer devant cette "Ô combien magnifique" couverture ? Impossible de trouver une réponse donc je me suis laissée aller à ma fièvre d'acheteuse lectrice compulsive : à peine dans ma PAL, déjà dans mes mains ! Pour l'instant c'est simple...mais prometteur !








 La semaine dernière, j'ai lu :

Sentiment mitigé quant à cette lecture... Je n'ai pas détesté, pas réellement aimé non plus... Je crois que ma nostalgie des podcasts joue également et m'a fait regretter que le côté profondément original et totalement déjanté de Night Vale ne trouve pas vraiment sa place à l'écrit.







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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 16 octobre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°18]

Que vous raconter, si ce n'est que j'ai frissonné ! Ma dernière lecture était un régal, une oeuvre de l'horrifique que j'ai tout bonnement dévoré tant elle était intelligemment menée : Thomas Olde Heuvelt a su transcender le mythe de la sorcière, sans jamais tomber dans la facilité

Pour la suite du programme, je sais que j'avais prévu un aller direct et sans escale pour le monde de la Valorie et du Herran. Néanmoins, un colis de service-presse est venu titiller mon attention et m'a faite revenir à mes années étudiantes, quand il m'arrivait d'écouter un podcast très connu : "Welcome to Night Vale" ! Curieuse de voir si la version papier est aussi délurée !



Ma lecture actuelle :

Commencé il y a peu, je n'ai pas encore d'avis tranché. Pour l'instant, l'immersion est loin d'être totale car ce qui fonctionnait très bien avec l'effet radio ne produit pas du tout le même effet en lecture... 










Les deux dernières semaines, j'ai lu :

Cela faisait si longtemps que je n'avais pas dévoré un aussi bon roman d'épouvante ! "Hex" est un bijou d'une horreur sournoise et insidieuse, où la menace n'est pas forcément celle qu'on croit...
Chronique  venir pour Halloween !








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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 25 septembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°17]

Les lectures se poursuivent et se ressemblent en qualité ! A peine un roman fini, voici que les sorties de la semaine m'ont poussée à me précipiter en librairie : entre un roman d'épouvante et la suite d'une saga dont le premier tome a été un coup de cœur, difficile de choisir. Alors entre "Hex" de T.O. Heuvelt et "The crime" de M. Rutotski, qu'auriez-vous choisi ?

J'avais besoin de me faire peur après avoir été au cinéma pour assister à l'avant-première de "Ça" - excellent film d'ailleurs ! cela fait tellement plaisir de retrouver le club des losers avec de jeunes acteurs convaincants -, vous devinez donc certainement ce que j'ai débuté...


Ma lecture actuelle :

Tout juste sorti mercredi dernier, "Hex" est un de ces bouquins dont on entend parler autant en bien qu'en mal... Dans ces cas-là, j'aime bien me faire ma propre opinion. Pour le moment, je n'en suis qu'aux premiers chapitres mais le style de l'auteur me plait bien.

La semaine passée, j'ai lu :

Une bonne surprise pour ce roman qui malgré quelques faux-pas s'est révélé être une dystopie bien construite dans un univers fantasy sympathique. Je suis curieuse d'en lire la suite, afin de voir si le Don perdure et si la Démonstration continue...









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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 11 septembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°16]

Me voici de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! Bon ok, elle n'était pas très recherché celle-là... Mais promis je ferai mieux la prochaine fois ! En attendant, laissez-moi vous parler de ma nouvelle lecture !


Ma lecture actuelle :

Septembre a un goût excellent côté lecture pour le moment ! Après l'ambiance ténébreuse de mon précédent roman, je me suis immergée dans cette dystopie fantasy. Je n'attendais pas grand chose de ce livre YA sorti en mai. Après tout, les univers dystopiques commencent à être rongés jusqu'à la moelle ! C'est peut-être pour cette raison que j'ai été agréablement surprise : les personnages sont surprenants (même si à l'instant présent de ma lecture, c'est clairement Luke qui porte l'histoire) et plutôt convaincants dans l'ensemble. J'attends de voir si la suite de l'intrigue continuera sur cette bonne lancée !

La semaine passée, j'ai lu :

Fin de lecture exceptionnel ! L'atmosphère oppressante a persisté jusqu'au dénouement et ça a été avec un pincement au cœur que j'ai quitté Audrey-Rose... Chronique pleine de compliments à venir !









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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 4 septembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°15]

La rentrée ! Quelle meilleure occasion de me remettre sérieusement à vous parler de mes lectures ?

Je dois bien admettre que le mois d'août n'a guère été productif pour moi, j'ai avancé à pas de fourmis dans mon roman en cours, alors que j'ai vraiment accroché ! La faute à une petite boule de poils arrivée dans ma vie et qui me demande beaucoup d'attention (mais ne vous faites pas, elle a déjà compris qu'on ne touche pas à la bibliothèque !^^).

J'espère donc pouvoir me remettre à la lecture de manière plus intensive dans les semaines à venir... La rentrée littéraire promet d'être belle et plusieurs ouvrages à paraître sont déjà sur ma wish list de septembre (qui a dit que "The crime" de M. Rutkoski est en pôle position ?), mais vous les verrez bientôt dans un prochain article du lundi !


Mes lectures actuelles :

Franchement, j'adore l'ambiance de ce roman... Sombre, inquiétante, putride,... Audrey Rose a du caractère et c'est plaisant à lire ! Bref, même si je pense avoir deviné qui est Jack l’Éventreur, je continue à dévorer chaque soir un nouveau chapitre avant d'accélérer dans la dernière ligne droite des révélations.


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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



lundi 7 août 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [n°14]

Hors de question de couper au rendez-vous de la semaine, donc pour bien la débuter je vous présente mes lectures terminées et celles à venir !


Mes lectures actuelles :

Je le commence ce soir même, hâte de m'aventurer dans les rues de Whitechapel...

Que dire si ce n'est que... je stagne, je stagne et... je stagne... Me couper dans mon élan en lisant un autre roman en parallèle n'était visiblement pas une bonne idée. Je pense que je vais le mettre de côté pour mieux le recommencer à zéro d'ici quelques semaines.










La semaine passée, j'ai lu : 

Super frais pour une lecture d'été, "Sweet" m'a beaucoup plu. Les personnages sont sympathiques et les nombreux dialogues viennent donner une impression de série télévisée, voire de tv show. On obtient un roman dynamique et original ! Bouquin aussi addictif que le Solu donné aux passagers de cette croisière de rêve virant au cauchemar ! 

Après ça, impossible de regarder mes deux ou trois kilos en trop de la même manière !





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 Et vous, que lisez-vous ce lundi ?



Challenge "1 jour = 1 plume", conclusion...

Une semaine derrière moi et voilà que je peux enfin l'annoncer :

Challenge réussi !
(Applaudissements ! Applaudissements !)


Un vrai marathon bloguesque dont je suis venue à bout et qui m'a permis de me mettre à jour (on va pas chipoter pour la seule chronique qu'il me reste à écrire... si ?). J'ai maintenant l'esprit tranquille pour commencer de nouvelles lectures que je ne manquerai pas de commenter au fur et à mesure, évitant de me laisser submerger (apprendre de ses erreurs qu'on dit !).

A partir de maintenant, je vais tenter d'être plus active : après tout si je suis parvenue à publier une plume par jour pendant une semaine, cela devrait être un jeu d'enfant de publier au moins un article par semaine ! Et qui sait, peut-être que lors de mes prochaines vacances, je renouvellerai ce challenge.


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Cette semaine riche en plumes vous a-t-elle plu ? Quels articles avez-vous préférés ?
Racontez-moi tout cela dans les commentaires et je pourrais ainsi adapter mes prochaines publications pour votre plus grand plaisir !


Livresquement.


dimanche 6 août 2017

Flora Banks, de Emily Barr



Éditeur : Casterman
Date de parution : 1 mars 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 369
Prix : 16 euros

Quatrième de couverture :  
DIX - L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.
HUIT - Années de validité de mon passeport.
SIX - Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.
QUATRE - L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie. Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.
DEUX - Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake. Je le rejoindrai, où qu’il soit.
UN - Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

FLORA BANKS : LE LIVRE QUE VOUS N’OUBLIEREZ JAMAIS.
 


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Ma note : 7,5/10

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Mon   avis :

En apparence, Flora Banks ressemble à n'importe quelle adolescente de seize ans, pourtant elle est loin d'avoir la même existence que les filles de son âge... Flora souffre d'amnésie, elle oublie ainsi tous les évènements récents. Armée des notes qu'elle inscrit sur ses poignets pour se rappeler à chaque nouvel oubli et des dizaines de post-it qu'elle colle sur l'ensemble de ses affaires, elle essaye de faire bonne figure et de s'intégrer malgré toutes ces difficultés. Un jour, l'impensable se produit : elle se souvient. Un baiser reste ancré dans sa mémoire, un baiser échangé un jour où elle avait seize ans et non dix. Un baiser qui lui donne l'espoir de pouvoir enfin se construire malgré la maladie. 


Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman est l'illustration même de l'expression qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture ! Ce bleu dur qui recouvre intégralement la couverture n'est pas du plus bel effet, mais il a le bénéfice d'attirer le regard et d'intriguer. Une fois le synopsis lu impossible pour moi de ne pas craquer au point de lui faire sauter la case PAL et le lire immédiatement après achat.

Une seule question m'a néanmoins hantée : l'amnésie serait-elle devenue un thème littéraire à la mode ? Entre "Avant de dormir" de S.J. Watson, "Avant de t'oublier" de R. Coleman, "Forgotten" de C. Patrick ou encore "The memory book" de L. Avery, les lectures ne manquent pas depuis quelques années ! Néanmoins, "Flora Banks" a su se différencier par l'immersion qu'elle propose au lecteur. 

En effet, nous voyons le monde à travers les yeux de Flora. Une jeune fille de seize ans atteinte d'une amnésie antérograde ayant débuté à l'âge de dix ans. Ainsi, toutes les deux heures environ, elle oublie tout ce qui vient de se produire et ne subsistent que ses souvenirs datant de l'âge où a débuté son trouble mnésique. Imaginez donc une adolescente qui est condamnée à avoir toujours l'impression d'avoir dix ans et qui doit reconstituer son identité et son histoire toutes les deux heures. Si cela vous paraît cruel, alors attendez de partager sa situation toutes les quelques pages, lorsque Flora oublie ce que vous venez de lire. Vous vous retrouvez dans le même flou qu'elle, tentez de vous souvenir de tout ce que vous venez de lire et dont elle n'arrive pas à se souvenir. Vous avez même des impressions de "déjà lu". Vous vivez son angoisse de ne plus savoir exactement où vous en êtes, vers quoi vous mène cette histoire et ce que signifie vraiment tous ses mots écrits sur ses poignets et les post-it qui l'entourent. C'est troublant, dérangeant. Réel.

Flora n'a jamais pu vivre normalement à cause de sa maladie. Ses parents l'ont toujours protégée, surprotégée en réalité. Sa meilleure amie veillait sur elle en dehors de la maison familiale, bref une existence sous surveillance et sans place à l'imprévu, puisqu'il pourrait être dangereux. C'est déstabilisant, d'autant qu'on partage son désir de s'en sortir depuis qu'un nouveau souvenir semble s'être gravé dans sa mémoire défaillante. Elle a embrassé un garçon, Drake, le petit-copain de sa meilleure amie. Cette dernière lui en veut, mais ça elle l'oublie contrairement au baiser qu'elle continue de se remémorer au fil des oublis perpétuels.

Quand ses parents doivent partir pour Paris urgemment, Flora n'a qu'une idée en tête : rejoindre Drake, parti étudier dans un autre pays... J'avoue ne pas avoir adhéré à ce prétexte, c'était trop facile. Sans compter que le rythme du roman étant très saccadé à cause de l'amnésie de Flora, le récit évolue beaucoup trop lentement à mon goût. Je n'ai donc pas ressenti l'immersion totale que j'attendais, ni apprécié à 100% cette lecture, notamment parce que j'avais deviné le rebondissement très rapidement (connaître certains termes médicaux aidant) et que je vois des patients ayant des pathologies mnésiques toute la journée. Or, pour moi, lire c'est s'évader : quitter mon quotidien et oublier toutes les souffrances qu'on a pu me confier à mon boulot (comme quoi on peut rechercher cette sensation de vide que vit Flora). Mon avis est donc biaisé, j'en ai conscience. Certains soirs (je suis une lectrice sur l'oreiller), les énièmes répétitions de Flora me rendaient même dingue vu que c'est ce que je vis à mon cabinet... Bref, ne vous attendez pas à me revoir avec un tel bouquin avant un certain moment : cette lecture m'a trop éprouvée.

Malgré tout, je dois admettre que ce roman me laissera un bon souvenir car les quêtes qu'il met en avant sonnent juste. On assiste à la difficulté commune à beaucoup de personnes présentant un handicap d'avoir une vie sociale et de s'intégrer dans la société qui glorifie la performance : quand vous êtes malade, vous n'avez d'autre choix que de vous priver d'une multitude de choses, les autres sont loin de vous comprendre, ne sont pas tendres et souvent vous ne pouvez compter sur personne ou presque. On y explore aussi la construction identitaire d'une adolescente qu'une maladie empêche d'aller de l'avant, autant que ses proches qui ne l'en croient pas capable. Nous-mêmes, en vivant cette aventure à travers elle, l'en croyons-nous capable ? Vous l'avez compris, beaucoup de questions surgiront au cours de votre lecture. Elles ne trouveront pas toutes une réponse, mais peut-être vous amèneront-elles à faire évoluer votre regard...


"Flora Banks" est un roman qui ne peut laisser indifférent. Grâce à la plume simple et efficace d'Emily Barr, nous sommes immergés dans le quotidien de cette jeune fille qui tente tant bien que mal de s'en sortir avec sa mémoire défaillante et, malgré toutes les difficultés qu'elle affronte, elle tente de se construire, de se réaliser en tant que mosaïque incomplète... Le puzzle se met en place et, même si je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire, je ne peux nier que les derniers chapitres sont extrêmement touchants.




Points positifs :
  • L'utilisation du point de vue de Flora qui nous propose d'expérimenter l'atteinte par un trouble mnésique de manière criante de vérité.
  • Une héroïne complexe et touchante.

Points négatifs :
  • Un déroulement lent et des répétitions multiples qui peuvent agacer.
  • Un prétexte trop convenu pour permettre l'aventure de Flora.




Ouvrage lu dans le cadre du Challenge "Je suis Peter Pan" de Mort Sûre




samedi 5 août 2017

The Curse, de Marie Rutkoski



Éditeur : PKJ.
Date de parution : 16 février 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 456
Prix : 15 euros

Quatrième de couverture :  
Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la " malédiction du vainqueur " : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.
 


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Ma note : 9,5/10
Coup de cœur
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Mon   avis :

Dans un monde où la guerre a vu la défaite des Herranis au profit des Valoriens, Kestrel est une jeune femme convoitée. Fille du plus puissant général de la région, elle doit faire face aux prétendants autant qu'à ses propres désirs et aspirations qui ne se confondent pas toujours aux attentes immenses que son père place en elle. Stratège, elle sait rester prudente et jauger ses adversaires. Pourtant, son âme de joueuse est plus forte que tout et pourrait bien la perdre : alors qu'elle gagne les enchères d'un esclave qu'elle n'avait pas prévu d'acquérir avant qu'on ne le dise chanteur, elle ne peut que se demander ce que son arrivée dans sa vie risque de bouleverser, au-delà de ses propres convictions...


Ce livre, j'en avais entendu parler bien avant sa sortie en France. Les booktubeuses anglaises l'avaient tant encensé que j'étais impatiente de pouvoir me faire mon propre avis. Ce n'était d'ailleurs pas forcément une bonne nouvelle pour ce roman puisque j'ai tendance à être alors horriblement exigeante et à avoir des attentes disproportionnées. Pourtant, je suis tombée sous le charme de cette malédiction !

En effet, "The Curse" s'est révélé être un immense et passionnel coup de cœur. Loin des habituels clichés des ouvrages young adult, son auteur a su construire le début d'une saga fantasy prometteuse et aux multiples facettes.

On est entraîné dans un univers qui rappelle les récits de l'Antiquité. Un peuple de conquérants, les Valoriens, a vaincu les Herranis, peuple de savoir, et pris leurs terres avant de les réduire en esclavage. Cette opposition entre guerriers et intellectuels peut être aisément mise en parallèle avec la conquête de l'Empire grec par Rome, même si les romains ne sont pas allés si loin. Moi qui suis une grande adepte de l'Histoire, j'ai apprécié cette utilisation des codes anciens pour construire un monde cohérent et intriguant.

Puis on fait la connaissance de Kestrel, fille d'un grand général, héros de la guerre du Herran. Élevée en digne héritière, elle a été façonnée pour être une parfaite Valorienne : fière, hautaine, intraitable, manipulatrice,... Elle peut paraître très agaçante pour le lecteur, voire même le décourager dans un premier temps tant elle respire l'assurance et la suffisance. Néanmoins, on apprend peu à peu à la connaître, elle et ses véritables aspirations : elle suit les règles autant parce que c'est son éducation qui a fait d'elle ce qu'elle est, que pour répondre aux attentes paternelles. Finalement, elle m'a fait de la peine en un sens car, même si elle peut paraître cruelle et indifférente, on comprend qu'elle lutte entre le rôle qu'elle doit adopter en raison de son statut et son identité... Elle se cherche, bien qu'une échéance l'attende : comme toutes les jeunes valoriennes, elle devra bientôt choisir entre s'engager dans l'armée ou se marier. C'est sa force de caractère et son côté stratège que j'ai finalement adorés. 

Alors oui, certains diront peut-être qu'elle est trop dans la contradiction, qu'elle achète un esclave alors même qu'elle semble être contre cette pratique,... Cependant, j'y vois davantage l'authenticité du personnage dont on découvre au fil des pages toutes les nuances. Kestrel n'est pas qu'une enfant pourrie gâtée par un père puissant, c'est une jeune fille qui essaye de se construire dans l'ombre de celui-ci et cette évolution est réellement perceptible tout au long du roman.

Cette progression est d'ailleurs un autre élément qui peut choquer. En effet, si je me suis laissée embarquer rapidement dans cette histoire, le rythme reste extrêmement lent. Si vous aimez les romans remplis d'action, passez votre chemin. L'intrigue ne se débloque que dans le dernier tiers et tout ce qui précède n'est qu'un prélude où les jeux de pouvoir et les manigances se succèdent : dans la lumière, mais aussi dans l'ombre...

L'ombre, c'est Arin. Cet esclave herrani que Kestrel acquiert sur un coup de tête en remportant les enchères au marché. Il est sans nul doute le personnage que j'ai préféré (même si Kestrel était en bonne position pour remporter le titre, le jeune homme avait plus d'atouts pour séduire : je suis faible^^). On comprend vite que son passé est loin d'avoir été facile, et encore cela est un euphémisme... Il a réussi à le surmonter d'une certaine façon et se montre touchant sans tomber dans le pathos. Tenace et plein de secrets, déterminé au moins autant que Kestrel... Finalement, perdus dans leurs faux-semblants, ils étaient destinés à jouer tous deux au chat et à la souris (ou plutôt à une partie bien réelle de Crocs et Venins, leur jeu favori) : ce qui va bouleverser bien plus que leurs propres existences.

Bien sûr, la romance était inévitable entre ces deux personnages ! Il est bien rare que j'approuve l'avènement d'une romance dans une intrigue qui s'amusent à tirer sur d'autres ficelles que je trouve bien plus passionnantes (ici, les enjeux politiques entre vainqueurs et vaincus) : déjà parce que je ne suis pas une grande fan de ce genre d'idylle née souvent de nulle part, mais aussi parce que les mièvreries qui gravitent autour de ces histoires pour midinettes me gonflent rapidement pour le dire clairement. Toutefois, dans "The Curse", on ne peut pas parler de romance tant elle se dessine avec tact. C'est une étrange complicité qui se crée, un lien fragile,... C'est ce dont ils ont le plus peur qui s'écrit entre eux, une faiblesse des sentiments qui sont décrits avec une finesse qui a serré mon cœur à chacun des évènements qui les bouleversaient. Rien n'est écrit à l'avance, rien n'est acquis et est-ce seulement possible ?

Bref, j'ai été émue et souffre d'un coup de foudre dû également à la sublime et ô combien poétique plume de Marie Rutkoski ! Il est extrêmement rare que je trouve un style d'écriture qui me plaise autant et dont je puisse vanter à ce point l'originalité. Je suis quasiment certaine que je saurais la reconnaître entre d'autres tant elle revêt une mélodie particulière, ce qui s'accorde bien avec la passion dangereuse de Kestrel pour la musique... Comment ne pas succomber ?


En conclusion, ce roman est mon premier coup de cœur de l'année 2017 ! On sent l'investissement de l'auteur qui a développé des personnalités fortes et uniques et qui réussit la difficile performance de maintenir un bel équilibre : jamais un aspect de son récit n'en exclut un autre et si le rythme est tout d'abord lent, les émotions s'enchaînent ensuite au fil des révélations. On s'attache aisément aux personnages, touchants et passionnés. Si Kestrel souffre de la malédiction du vainqueur, je souffre de celle du lecteur pour avoir dévoré d'un bout à l'autre son histoire, sans faillir et profitant du moindre de mes moments libres pour connaître la suite... J'ai encore sur les lèvres le goût amer de la fin qui ne me donne qu'une envie : être au 14 septembre pour accourir en librairie et me plonger dans "The Crime", le deuxième tome de cette saga prometteuse.


Points positifs :
  • Un récit complexe bénéficiant d'un développement soigné qui ne néglige aucun aspect de la problématique à laquelle sont confrontés les personnages.
  • Un éventail de personnages aussi varié qu'étonnement réfléchis !
  • Un monde innovant, inspiré du mode de vie et des traditions de l'Empire romain.
  • Des émotions jouées toute en finesse : elles ne manqueront pas de vous donner des frissons.
  • Si vous aimez les plumes originales, poétiques et douces, ce roman est fait pour vous !

Points négatifs :
  • Aucun ? Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à trouver un point négatif à ce roman. Peut-être la lenteur du déroulement de l'intrigue pourrait-elle décevoir les lecteurs en quête d'un récit d'action...mais ce serait bien le seul cas de figure


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Et je terminerai sur cette citation :  
« Elle regarda le ciel blanc se muer en neige et frémir au-dessus d'une mer de plomb. De petites étincelles glacées lui effleuraient la peau. Il neigeait au-dessus d'elle, au-dessus de lui, mais Kestrel savait qu'aucun flocon ne pourrait jamais les toucher tous les deux à la fois.» - The Curse



Ouvrage lu dans le cadre des Challenges de Mort Sûre



vendredi 4 août 2017

Une virée qui sent bon le parfum du papier...

Ce soir, je vous propose une plume qui sort de l'ordinaire pour vous parler du  
Village du Livre.


Si vous ne connaissez pas ce petit paradis pour les amoureux de lecture (et des beaux livres), sachez qu'il se trouve dans un charmant village de Lorraine, à Fontenoy-la-Joûte pour être exacte.



Dans ce village perdu en pleine campagne, les vieilles granges s'alignent et renferment des trésors. Ainsi, on y trouve aussi bien des titres récents que de véritables ouvrages de collection ! Bref, la béatitude suprême quand on est autant sous le charme des récits que des belles éditions... Et je dois admettre que je collecte ces deux vices !

J'y ai passé tout mon samedi dernier, papillonnant d'un bouquiniste à l'autre et voyant ma résistance à la tentation fondre comme neige au soleil... Surtout qu'il y en a pour tous les goûts : des ouvrages traitant de l'Histoire, d'autres plus techniques, mais aussi de la littérature classique et même des romans publiés il y a peu. Vous y trouverez également des bouquinistes proposant d'anciennes gravures ou des estampes. Impossible de ne pas y trouver son compte !

Niveau exigence, je suis un peu "maniaque" au niveau de mes romans : les cornes sont inconcevables et je ne vous dis même pas à quel point une rayure dans la couverture peut m'énerver, alors achetez des livres d'occasion est toujours une mission complexe (j'entendrais presque la musique de "Mission impossible" en fond sonore). C'est pour cette raison que je n'achète généralement que des livres neufs. Pourtant, à Fontenoy-la-Joûte, toutes les qualités sont présentes dans les rayonnages débordants ! On peut donc aisément faire le tri et réussir à trouver son bonheur malgré tout. Petites adresses spéciales "Maniaques" : les boutiques "L'étable" et son gérant aux jeux de mots fantasque, et surtout "Les Caractères" et son immense stock d'excellente qualité, sont celles où il faut absolument vous rendre !

C'était ma seconde virée là-bas et mon cœur d'artichaut livresque n'a pas su résister aux nombreuses découvertes que j'ai pu faire aux coins des rayonnages empierrés. Si je suis maintenant parée pour mes vacances, ma PAL ne me remercie pas de mes énormes craquages (et je vous parle même pas de mon compte en banque !). Quoique je dois admettre que les prix sont extrêmement raisonnables si on ne choisit que des romans relativement récents, mais dès qu'on tombe dans les beaux ouvrages ou les éditions particulières la facture peut vite grimper... (je vous assure que mon craquage d'achat de cette réédition des contes datant de 1888 était justifiée).



(c) Aeli

Vous ne voyez sur cette photographie qu'une partie de mon énorme manque de volonté... Me voici donc parée pour les vacances avec :
  • "Autopsie", de K. Maniscalco
  • "Demain les chats", de B. Werber
  • "Fantômes", de J. Hill
  • "Puzzle", de F. Thilliez
  • "Invisibilité", de A. Cremer & D. Levithan
  • "Atlantis", de D. Gibbins
  • "L'énigme du parc", de M. Grimes
  • "Une petite fille trop gâtée", de A. Rule
  • "Contes et légendes du chat", de R. de Laroche

Toutefois, je ne vous montre pas la perle que j'ai dénichée... Une sublime édition des contes d'Andersen, Perrault et autres hommes et femmes de lettres. Je tiens à les cacher jusqu'à ce que je puisse vous faire un article (décidément je ne suis pas encore habituée à dire "plume", flûte et zut !) sur les contes, leurs adaptations mais aussi leurs versions d'origine malheureusement tombées dans les oubliettes et bien loin des histoires romancées et douces qu'on lit aujourd'hui aux enfants pour les endormir.

Ce fut donc une virée fructueuse et qui m'a permis de commencer mes vacances en beauté !

Vous l'aurez compris, ce village mérite qu'on s'y attarde.
Si après avoir lu cet article, il vous vient une envie irrésistible d'aller vous promener entre les allées poussiéreuses de décennies littéraires, dans de vieilles granges aux pierres couvertes d'ouvrages qui feront vaciller votre âme d'accro aux bouquins, alors faites un tour que le site web du Village du Livre ! Vous pourrez y trouver l'agenda des manifestations qui y sont organisées : vu l'animation en temps normal et si vous cherchez des titres en particulier (surtout en ce qui concerne le bandes dessinées et les comics), je ne peux que vous conseiller de mettre toutes les chances de votre côté en vous y rendant lors de l'une d'elles.

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Et vous, où achetez-vous vos livres ? Fan des vieux papiers ou éternel maniaque des bouquins sans défaut ? Racontez-moi tout !



jeudi 3 août 2017

A la vie, à la mort, de Stephenie Meyer



Éditeur : Livre de poche Jeunesse
Date de parution : 10 mai 2017
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 509
Prix : 9,90 euros

Quatrième de couverture :  
Lorsque Beaufort Swan emménage dans l'insignifiante bourgade de Forks et rencontre la mystérieuse Edythe Cullen, sa vie prend un tournant aussi excitant que terrifiant. Avec sa peau de marbre, ses yeux dorés, sa voix envoûtante et ses dons surnaturels. Edythe est à la fois irrésistible et énigmatique. Ce que Beau ne sait pas encore c'est que plus il se rapproche d'elle, plus lui et son entourage sont en danger. Et il se peut qu'il soit trop tard pour faire demi-tour.
 


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Ma note : 4/10

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Mon   avis :

Le jour où Beau décide de rejoindre son père à Forks pour permettre à sa mère de vivre pleinement sa nouvelle union, il ne peut s'attrister de la météo éternellement pluvieuse et de cette stase ambiante qui y rendent l'existence terne et sans surprise. Du moins, c'est ce qu'il pensait jusqu'à apercevoir Edythe Cullen, une mystérieuse élève de son lycée chez laquelle il déclenche des réactions étranges. Son allure dénote également avec sa démarche féline, son regard d'ambre et ses traits parfaits... Alors que se tisse entre eux une relation que Beau ne saurait définir, des faits inexplicables se produisent... Et si cette attirance le projetait vers un danger mortel ?


"Twilight réinventé"... Telle est la promesse qu'on nous sert nous forme d'accroche sur la première de couverture. Mensonge éhonté !

Initialement paru en tant que récit inédit offert lors dans la réédition spéciale de "Fascination" pour l'anniversaire de ses dix ans, "A la vie, à la mort" a été publié par la suite en roman poche. J'avais un bon souvenir de la saga "Twilight" (vive l'adolescence) qui, même si elle était vraiment trop niaise à mon goût, avait contribué à l'émergence de la bit-lit. Stephenie Meyer a depuis publié plusieurs autres romans, toujours dans ce style si épuré qui fait son succès et j'étais donc curieuse de découvrir cette romance paranormale.

Peut-être est-ce de ma faute, peut-être avais-je des attentes trop élevées quant à ce récit que je savais pourtant n'être qu'une réécriture de "Fascination"... Cependant, entre une réécriture de qualité qui apporte quelque chose à l’œuvre de l'auteur et ce mauvais exercice de réécriture qui aurait très bien pu être un devoir proposé par un enseignant à sa classe de CM2 : il y a un monde. C'est là où le bât blesse car, si vous avez comme moi une mémoire d'éléphant (voire même d'un troupeau de ces pachydermes comme me l'a une fois dit une amie), vous vous demanderez dès la première page ce qui cloche. Une impression de déjà vu ? Rien d'étonnant, vous venez de lire MOT POUR MOT la même première page que le premier tome de "Twilight" ! Oui, vous m'avez bien lue : mot pour mot ! A cela près que l'auteur procède à une inversion des genres. Malheureusement, mis à part quelques ajouts syntaxiques mineurs, la presque totalité du roman suit cette règle. Peut-on dès lors parler d'un "Twilight réinventé" ? Moi, j'appelle cela : beaucoup de bruit pour pas grand chose...

D'ailleurs, cette métamorphose du féminin en masculin et vice versa n'est pas la meilleure idée du monde. En effet, même si on peut dès lors penser que ce roman s'adresse uniquement aux fans de la saga vampirique ou aux lecteurs nostalgiques, cette transformation a de quoi les perturber ! Elle a créé un joli bug dans mon esprit habituellement très flexible... Cela m'a notamment perdue à cause du changement des prénoms des personnages dont n'est conservé que la première lettre. Edward devient Edythe, Bella devient Beau, Alice devient Archie, et ainsi de suite pour l'ensemble des personnages, exception faite des parents de Bella/Beau qui visiblement ne sont pas atteints par cette malédiction. Outre que cela n'apporte rien puisque les caractères et autres habilités restent inchangés, je me suis retrouvée à avoir une représentation mentale vraiment bizarre des personnages, à cheval entre leur ancienne identité et leur nouvelle ! Sans compter qu'inconsciemment j'étais constamment en train de faire le parallèle entre les versions féminines et masculines... Je vous l'avais dit : une vraie malédiction !

Aucune originalité donc puisque la trame est un copier-coller. Il faudra attendre la page 461 pour que se produise ce qu'on espérait désespérément : que l'évolution diffère de l'original ! Si on y réfléchit bien, ceci n'est d'ailleurs pas étonnant car la suite de la romance n'aurait eu aucun sens si l'humain de la relation avait été un homme. Sans compter qu'il n'existait pas un champ infini de possibles pour terminer ce one-shot tout en faisant écho à l'épilogue connu. Loin d'être un choix à proprement parlé, il était donc obligatoire de faire surgir une nouvelle conclusion. Celle-ci est sans surprise, sans saveur et, à mon sens, ne justifie pas qu'on se farcisse 90% de phrases plagiées pour 10% de nouveauté. Je sais bien que l'auteur s'en dédouane en se justifiant de ce manque d'innovation dans la préface de la réédition des dix ans, mais si elle-même était déçue de n'avoir pu faire autre chose dans le court délai imposé par son éditeur peut-être n'aurait-elle pas dû nous servir ce plat à peine réchauffé... Très déçue que les lobbies commerciaux prennent le pas sur l'art de la création littéraire.


Au final, une seule phrase résume ce roman : sans intérêt si vous avez déjà lu l'original et que vous ne souhaitez pas participer à cette farce commerciale ! Bien sûr, si vous êtes un fan inconditionnel vous pourriez être tenté, mais la réalité est ainsi faite... "A la vie, à la mort" ne vaut pas son temps de lecture malgré son épilogue inédit.


Points positifs :
  • Un dénouement différent du roman originel.

Points négatifs :
  • Une réécriture basique de "Fascination", qui tient plus de l'exercice pour écoliers que d'un véritable travail d'écriture !




Ouvrage lu dans le cadre du Challenge "Bestiaire de l'obscurité" de Mort Sûre




mercredi 2 août 2017

La Sirène, de Kiera Cass



Éditeur : PKJ.
Date de parution : 22 septembre 2016
Public visé : Young adult
Nombre de pages : 342
Prix : 17,90 euros

Quatrième de couverture :  
Kahlen est une Sirène, vouée à servir son maître l'Océan en poussant les humains à la noyade. Pour cela, elle possède une voix fatale à qui a le malheur de l'entendre. Akinli, lui, est un beau et gentil jeune homme, qui incarne tout ce dont Kahlen a toujours rêvé. Tomber amoureux a beau leur faire courir un grave danger à tous les deux, Kahlen ne parvient pas à garder ses distances. Est-elle prête à tout risquer pour écouter son cœur ?
 


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Ma note : 7,5/10

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Mon   avis :

Cela fait déjà quatre-vingts années que Kahlen sert l'Océan : entre les naufrages qui la poussent dans un désespoir teinté de culpabilité et les difficultés qu'elle éprouve à s'adapter aux changements des siècles, cette existence lui convient de moins en moins. S'éteignant dans le souvenir des souffrances et de la mort qu'elle inflige aux autres, Kahlen s'isole de ses sœurs-sirènes qui ne savent comment lui redonner le goût de la vie. Pourtant, sa route finit par croiser celle d'Akinli, un étudiant fantaisiste qui parvient à rendre son silence éloquent et sait voir au-delà de sa beauté surnaturelle. Une rencontre pourrait-elle tout changer ? Et n'est-ce pas un faux espoir que de succomber au seul désir que l'Océan lui interdit ?


Bien que grande adepte du fantastique, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongée au cœur d'un mythe aquatique. Cela est désormais chose faite grâce à ce roman de Kiera Cass que vous connaissez peut-être davantage pour sa saga "La Sélection", qui jouit d'un certain succès depuis quelques années. Pour ma part, je me suis immergée avec plaisir dans "La Sirène" et je dois admettre que ça a été une agréable lecture !

Ce roman en one-shot revisite le mythe des sirènes de façon ingénieuse : il sait conserver l'identité de ces femmes des mers à la beauté exceptionnelle et au chant mortel, tout en lui donnant des traits contemporains. Voir des sirènes muettes surfer non pas sur les vagues mais sur internet ou encore aller en boîte pour se distraire et s'amuser à faire tomber des jeunes hommes dans leurs filets n'a donc rien d'étonnant.
Le premier chapitre au goût d'introduction pose immédiatement le décor, le sort de ceux qui croisent ces créatures surnaturelles ne sera pas différent dans cette version de la légende : ils mourront dans les flots tandis que la voix mélodieuse des sirènes les attirera à Elle. Elle, c'est l'océan, la mer, les rivières, la neige,... Et plus que tout, Elle a besoin de se nourrir de vies humaines pour pouvoir en sauvegarder des milliers d'autres. Pour cette sinistre besogne, Elle métamorphose en êtres de légende des jeunes filles qui auraient dû mourir noyées. Le contrat est simple, clair : en échange d'une nouvelle vie, toutes ces jeunes recrues acceptent de donner cent années à Son service. Pour de nombreuses jeunes filles, le choix est énoncé dans la question qui se résume pour elles à "vivre ou mourir" (telle est la question !).
C'est ainsi que Kahlen est devenue une sirène et que nous la retrouvons après quatre-vingts années de naufrages qui rongent son esprit, font pleurer son cœur et la dévorent de culpabilité. Avec les trois sœurs-sirènes, elles forment un groupe hétérogène qu'on suit avec plaisir. Miaka et Elizabeth peuvent se montrer futiles, mais cela participe à les rendre plus humaines et donc attachantes. Quant à la troisième, elle est tout d'abord incarnée par Aisling qui finira de payer sa dette et pourra commencer une nouvelle vie sans aucun souvenir : c'est sans doute le personnage secondaire que j'ai préféré avec son secret si lourd à porter, la scène au cimetière est particulièrement belle... Sa simplicité en fait un moment très touchant. Enfin, Padma avait un énorme potentiel qui est malheureusement gâché par une résolution fade et expédiée de cet amour parricide qui la poussera à chercher la vengeance.

Car oui, "La Sirène" est avant tout une histoire d'amours avec un grand "S". L'amour entre sœurs, l'amour maternel, l'amour de l'âme-sœur,... Tous s'entremêlent, se croisent, tentent parfois de se comparer, s'ignorent puis se jalousent avant de transcender ceux qui les éprouvent. C'est cruel parfois. C'est beau souvent. Les sentiments sont nuancés : amour doux, amour protecteur, amour envahissant, amour destructeur, amour vengeur, amour infini. On passe par l'arc-en-ciel des couleurs de ce sentiment et, sans s'en rendre compte, Kahlen les éprouvera tous avec plus ou moins de passion. Même si cela est plutôt réussi dans l'ensemble, je regrette qu'on n'ait pas eu le droit à des émotions plus brutes, moins raisonnées et rationalisées par l'héroïne. 

C'est finalement le point noir global de ce récit...
De la même façon, on y trouve des scènes trop convenues qui viennent gâcher l'ensemble. En effet, même s'il évite la classique scène de la révélation des pouvoirs (j'ai failli faire péter le champagne quand j'ai compris qu'on n'y aurait pas le droit ! J'étais si contente qu'on ne tombe pas dans le cliché à la Edward/Bella, Stefan/Elena, Jace/Clary, Evan/Cassie, et je pourrais continuer longtemps... bref dans le cliché de la romance surnaturelle en YA), on n'échappe pas pour autant au pouvoir du "hasard qui fait bien les choses" ! Sauf que là, il fait "trop bien" les choses à mon goût : les retrouvailles entre Kahlen et Akinli en milieu de roman illustrent parfaitement ce propos. La mise en place est pitoyable, Kahlen arrive comme le cheveu sur la soupe (ou comme une sirène sur une plage, au choix) sans savoir comment elle a échoué là, pile au moment où Akinli se trouvait à cet endroit précis du globe (sans aucune raison, sorti lui aussi du chapeau magique tel le lapin du magicien)... La suite concernant cette histoire d'amour n'est pas plus cohérente (tout comme le comportement de ce mec trop parfait qui, de fait, a le charisme d'une huître...qui sait c'est peut-être ça qui fait chavirer le cœur de la femme-poisson). C'est bien dommage car cet amour naissant respirait l'innocence de la fin de l'adolescence qui change peu à peu face au poids de la vie adulte à laquelle on tente d'ajouter des touches de fantaisie.


En conclusion, j'ai pris du plaisir à lire ce roman YA qui revisite et modernise le mythe des sirènes. Une vraie lecture détente, sans prise de tête puisqu'on y trouvera aucune intrigue alambiquée ni relation complexe entre les personnages. En effet, même si l'ambition de ce récit semblait être l'exploration d'un camaïeu de sentiments et d'émotions, celle-ci reste en surface, notamment car certaines sous-intrigues sont expédiées à vitesse grand V. Il en va de même pour l'explication finale que j'ai relu à deux fois et que je ne suis toujours pas certaine d'avoir tout à fait comprise... Bref, de bonnes idées, certaines abouties, d'autres non. Cependant, "La Sirène" demeure un excellent roman pour bien commencer l'été et les vacances, avec son parfum salé de sable parsemé d'écume.



Points positifs :
  • Un mythe modernisé sans en altérer l'essence.
  • Un beau pied-de-nez aux traditionnelles romances YA qui éclipsent tout le reste. 
  • Un beau camaïeu de tous les amours qui peuvent nous animer et nous consumer.

Points négatifs :
  • Des scènes trop convenues. 
  • Des dialogues peu naturels. 
  • Une romance qui n'a aucune crédibilité et dont tous les passages manquent de cohérence. 
  • Une expédition rapide de certains passages, comme si l'auteur n'avait su comment s'en dépêtrer.  


Ouvrage lu dans le cadre du Challenge "Créatures fantastiques" de Juillet 2017, de Mort Sûre.




mardi 1 août 2017

Dans votre valise...

Au soleil... M'exposer un peu plus au soleil...

Ah les vacances... Instant de farniente par excellence, allongé sur un transat, lunettes de soleil perchées sur votre nez et cocktail avec glaçons à la main : que pourrait-il bien manquer à ce tableau idyllique ?

Un roman qui vous transportera vers d'autres horizons ! 

Qu'il vous permette de humer le parfum du sel et d'entendre la mélodie de l'écume s'échouant sur le sable fin, qu'il vous transporte dans un monde de jeux de pouvoir passionnés, ou encore qu'il vous propose d'embarquer pour une croisière dont vous ne vous reviendrez pas indemnes... Chacun a ses préférences en ce qui concerne le livre - ou les livres - qu'il glissera dans sa valise pour se garantir l'évasion des vacances.

Je vous propose de découvrir une sélection de romans récents qui, selon moi, mériteraient une petite place entre votre serviette de plage et vos crèmes solaires !


(c) Aeli


Trois romans qui m'avaient tous séduits avec leurs couvertures sublimes, avant de me faire passer un bon moment de lecture !


La Sirène, de K. Cass
Ma première lecture de vacances cette année, elle fut une bonne surprise ! Agréable à lire et sans prise de tête, il s'agit de ce genre de romans où on peut suivre les aventures de l'héroïne sur un fond de romance. Oui, il y a des défauts, des situations beaucoup trop convenues et orchestrées pour sonner juste mais...on s'en moque ! C'est une belle histoire, une histoire d'amours avec un grand S... L'amour de son âme-sœur, l'amour sororal, l'amour maternel, l'amour tout court...
Une fille avec un secret, le garçon de ses rêves, un océan les sépare...

Vous adorerez : la reprise moderne du mythe des sirènes, une héroïne attachante, une douce romance qui n'éclipse pas les autres intrigues et personnages,...


The Curse, de M. Rutkoski
C'est sans aucun doute le roman qui me laisse le meilleur souvenir depuis le début de l'année ! Un véritable coup de cœur... 
Dans cet univers fantasy romanesque, vous suivrez la vie de Kestrel. Fille d'un grand général de son peuple, de lourds espoirs reposent sur ses épaules alors même que ses réflexions personnelles remettent en cause certaines des pratiques des siens... Alors quand elle se retrouve à faire des enchères à un marché aux esclaves et reporte la mise, un jeune homme prénommé Arin, il semblerait que son existence inspire à devenir de plus en plus trouble dans la cité autrefois conquise.  
Gagner peut-être la pire des malédictions...

Vous adorerez : le monde original inspiré de l'époque romaine, la finesse des personnages, l'évolution particulièrement soignée de l'intrigue, les jeux de pouvoir, les jeux de sentiment.


Sweet, de A. Laybourne
Embarquer pour une croisière de rêve à bord de "l'Extravagance", paquebot de luxe où se pressent les richissimes obèses et les starlettes de la télévision et où vous pourrez vous procurer le produit le plus hype du moment : le Solu ! Grâce à lui vous profiterez de toutes les activités, mais aussi de la cuisine gourmande tout en maigrissant à vue d’œil ! Vendeur, n'est-ce pas ? Si cette lecture s'était résumée à cela, elle n'aurait eu aucune chance de figurer dans cette liste de propositions "vacances" ! Car ce dépaysement idyllique va vite virer au cauchemar, au point qu'on sera finalement bien loin de l'ambiance version "la Croisière s'amuse"... Le tout n'en oublie pas d'aborder des questions plus sérieuses telles que la quête identitaire et l'acceptation de soi, sans compter qu'il est rédigé avec une plume affûtée qui sait nous tenir en haleine. Une excellente surprise !
Il n'y a pas que vos complexes qui vont fondre... 

Vous adorerez : la narration à deux voix, la spontanéité des scènes ce qui nous donne l'impression d'être dans un show télévisé,  le naturel des dialogues.


Des chroniques plus approfondies de ces romans seront publiées dans les jours à venir. Si l'un d'entre eux vous fait de l’œil et que vous désirez en savoir plus avant de vous jeter à l'eau, repassez par ici (la porte est toujours grande ouverte) ou mieux...abonnez-vous pour suivre toutes les nouveautés de Livresse de la Plume sur le blog et sur la page facebook

Alors, convaincus par cette sélection ?  
Et vous, quels romans avez-vous glissés dans votre valise ?


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A demain pour une nouvelle plume...  
et je peux déjà vous dire qu'elle aura le parfum de l'océan...